La crise de l’autorité

La crise de l’autorité

 

 

  • Accroche : « Notre héritage n’est précédé d’aucun testament », déclarait René Char dans Feuillets d’Hypnos (1946), dans une période d’immédiat après-guerre où la faillite de la « civilisation européenne » semblait annoncer l’avènement d’une liberté nouvelle de l’homme, défait des contraintes traditionnelles et finalement livré à lui-même. Hannah Arendt se réfère à la formule de René Char pour constater que « l’autorité a disparu du monde moderne », du moins dans sa définition traditionnelle : le passé n’assigne plus aucun avenir (« Qu’est ce que l’autorité », in La crise de la culture, 1961).

 

  • Définitions :
    • L’autorité, du latin auctoritas, se définit au sens commun, comme l’art de faire admettre la subordination comme légitime :
      • Alain Renaut, La fin de l’autorité : remarque que le terme « autorité » se rattache aussi à la racine latine augere, qui signifie augmenter : l’autorité se définit aussi comme un « surpouvoir ». Celui qui exerce l’autorité est détenteur d’une puissance, donc d’une capacité à produire des effets. Par là, l’autorité permet l’action, en augmentant l’efficacité d’une action ou d’un acte juridique ;
    • La crise se définit comme la rupture brutale d’un équilibre ;

 

  • L’autorité apparaît aujourd’hui en crise, dans la mesure ou le principe même d’une autorité verticale infaillible fait l’objet d’une remise en cause amorcée philosophiquement par les lumières, consacrée politiquement par la Révolution et qui tend aujourd’hui à s’étendre à l’ensemble de la sphère sociale.
    • Les institutions qui portaient traditionnellement l’autorité sont aujourd’hui en crise :
      • C’est le cas de l’autorité parentale, affaiblie par la remise en cause de la relation hiérarchique entre parents et enfants ;
      • C’est le cas de l’autorité du maitre à l’école, qui parvient de plus en plus difficilement à remplir les rôles fondamentaux d’élévation des connaissances, d’organisation de la sélection méritocratique et de diffusion des valeurs républicaines qui lui sont attribuées ;
      • C’est le cas de la l’autorité judiciaire, dont les décisions sont soumises à des exigences procédurales croissantes, assurant le « droit des parties » à un procès équitable, contradictoire, et dont l’impartialité doit aujourd’hui être apparente (Article 6§1 CEDH) ;
      • C’est enfin le cas de l’autorité politique, qui semble en voie de désacralisation continue depuis la révolution ;
    • Cette crise de l’autorité, produit des progrès de la raison, constitue aujourd’hui une menace pour le lien social qui repose nécessairement sur un « monde commun » qui s’efface avec la faillites des autorités qui lui donnaient consistance. Une société sans autorité reconnue, démunie de « point sublime » (Régis Debray) et donc sans référence commune, risquerait de laisser place aux individualismes dans un monde fragmenté et désenchanté.
  • Problématique: La crise de l’autorité est-elle remédiable, ou faut-il nous résigner au « désordre établi » (Emmanuel Mounier) ?

 

I) L’autorité subit une crise inédite de légitimité dans la modernité, qui tend aujourd’hui à se muer en rejet radical de toute autorité verticale

 A.  Longtemps été caractérisée par l’infaillibilité, l’autorité se trouve soumise à l’application raisonnée du doute avec la modernité

  1. La conception traditionnelle de l’autorité ne laisse pas de place à la remise en cause, puisque l’autorité est réputée fondée sur des éléments eux-mêmes indéfectibles 

La perspective d’une crise de l’autorité était difficilement envisageable avant la modernité, dans la mesure où la conception traditionnelle de l’autorité ne laisse pas de place au doute ni à la remise en cause :

  • Sous l’Antiquité, l’autorité, comme le pouvoir, fait l’objet d’une naturalisation. Ainsi les rapports de pouvoirs sont rapportés à des différences de nature entre les individus :
    • Aristote, Les politiques : légitime l’autorité du maitre sur l’esclave par une différence de nature entre les êtres : « Ceux qui sont aussi éloignés des hommes libres que le corps l’est de l’âme, ou la bête de l’homme, ceux-là sont par nature des esclaves »;
    • Platon, La République: la République idéale de Platon est de même caractérisée par une division des tâches entre trois grandes « castes » héréditaires et fermées, qui se rapportent à la nature des individus qui les exercent: les rois philosophes, les guerriers et les producteurs.
  • A l’époque classique, l’autorité est de même réputée infaillible, dans la mesure où celle-ci repose en dernière instance sur l’autorité de Dieu :
    • L’autorité de l’Eglise repose sur la volonté de Dieu, dont elle est le glaive temporel ;
    • L’autorité politique repose sur le droit divin, dont le roi, lieutenant de Dieu sur terre, est le dépositaire temporel ;
      • Saint Paul, Epître aux Romains: « Que tout homme soit soumis aux autorités qui exercent le pouvoir, car il n’y a d’autorité que par Dieu et celles qui existent sont établies par lui »

D’une manière générale, les institutions qui structurent encore aujourd’hui la société ont hérité d’une forme d’autorité verticale, qui s’impose d’elle même et ne souffre d’aucune remise en cause:

  • Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion 1931 : « Pourquoi obéissons nous? La question ne se posait guère. Nos maîtres et nos parents occupaient une certaine place. Derrière eux, nous devinions quelque chose d’énorme et d’indéfini, qui pesait sur nous de toute sa masse »

 

  1. A contrario, l’époque moderne est caractérisée par l’application raisonnée du doute à toutes les autorités traditionnelles, qui se voient contestées dans leur légitimité

Les périodes humaniste puis moderne sont caractérisées par l’application raisonnée du doute à toutes les autorités traditionnelles :

  • Sous la Renaissance, la période humaniste voit l’apparition d’un homme  « souverain de lui-même » qui échappe aux prescriptions :
    • Jean Pic de la Mirandole, Discours sur la dignité de l’homme, 1486 « afin que souverain de toi même tu achève ta propre forme librement, à la façon d’un peintre ou d’un sculpteur » : on a ici les prémices d’une réflexion sur l’autonomie ;
    • Cet avènement d’un individu autonome et rationnel s’accompagne d’un passage de toutes les formes d’autorités au crible de raison :
      • Descartes, Discours de la méthode, 1637: seule la raison est première et universelle, et elle seule doit conduire l’existence humaine. C’est le sujet humain qui lui seul fonde le savoir, c’est à dire la connaissance du vrai et du faux l’homme ne se réclame plus que de lui-même, et recherche le vrai par l’usage de la raison (cogito) et par la méthode du doute radical et systématique : Descartes fait l’hypothèse qu’un « mauvais génie non moins rusé et trompeur que puissant a employé toute son industrie à me tromper ».
    • La période des lumières prolonge ce mouvement en mettant l’esprit critique au service de l’autonomie individuelle. Les lumières engagent une critique raisonnée de toutes les autorités en place, à commencer par le Prince et par l’Eglise, et appelle l’homme à se défaire de leur tutelle :
      • Kant, Qu’est-ce que les lumières (1784) : « Les lumières c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle dont il est lui même responsable. Sapere Aude : Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des lumières »
      • La Réforme luthérienne fait le pendant dans la religion des lumières dans la sphère publique en clamant la possibilité d’un accès direct aux écritures sans passer par la médiation du prêtre ;
    • La Révolution française matérialise politiquement la remise en cause de l’autorité traditionnelle, qui trouve une manifestation radicale avec la décapitation de Louis XVI le 21 janvier 1784, qui a pu être interprété comme le meurtre du père comme institution sociale:
      • Balzac, Mémoires de deux jeunes mariés : « En coupant la tête de Louis XVI, la République a coupé les têtes de tous les Pères de familles. Il n’y a plus de famille aujourd’hui, il n’y a plus que des individus »

 

B. Aujourd’hui, la crise de l’autorité tend à prendre la forme de son rejet radical

  1. Plusieurs courants politiques et philosophiques reposent sur le rejet de toute autorité verticale préétablie

Plusieurs courants politiques et philosophiques reposent sur le rejet de toute autorité verticale préétablie :

  • Politiquement, l’anarchisme tel qu’il s’est développé au XIXe siècle postule que l’ordre naît de la liberté, alors que les autorités établies provoquent le désordre. Dès lors, l’anarchisme rejette toute autorité verticale selon la formule « Ni Dieu, ni maître ».
    • L’anarchisme s’oppose notamment à l’autorité de l’institution étatique, conçue comme une entreprise de domination et d’oppression
  • Philosophiquement, l’existentialisme qui se développe au sortir de la seconde guerre mondiale part du principe selon lequel « l’existence précède l’essence », pour affirmer la primauté de la liberté humaine sur toute forme d’autorité et de déterminisme préalable :
    • Jean Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme : « Dostoïevski avait écrit : « Si Dieu n’existait pas, tout serait permis. » C’est là le point de départ de l’existentialisme.
    • Jean-Paul Sartre, Les mots : rejette l’autorité parentale comme une déterminisme nuisible à a liberté humaine, en avançant que la mort de son propre père dans sa très jeune enfance lui a permis de s’affirmer comme être libre ;

 

  1. La crise de l’autorité se manifeste aujourd’hui par une crise profonde de toutes les institutions qui l’incarnaient traditionnellement dans la sphère sociale

La crise de l’autorité se manifeste aujourd’hui par une crise profonde de toutes les institutions qui incarnaient traditionnellement l’autorité dans la sphère sociale :

  • L’autorité parentale est aujourd’hui remise en cause au profit d’une relation plus égalitaire entre parents et enfants :
    • Alain Renaut, La libération des enfants : remarque que l’enfant est de plus en plus considéré comme un « homme en devenir », et que la relation parents-enfants est aujourd’hui encadrée par des normes juridiques strictes telles que l’interdiction de la fessée, voire par des normes contractuelles ;
  • L’autorité de l’Etat subit également une crise à travers la critique croissante de la légitimité de ses interventions dans la sphère sociale, à travers une remise en cause de l’autorité de la loi et à travers une désacralisation des hommes d’Etat :
    • Régis Debray, Jeunesse du sacré: analyse les signes extérieurs de la désacralisation progressive de l’autorité étatique:
      • Le médiologue met en lumière l’apparition du lutrin présidentiel qui remplace le bureau lors des allocutions présidentielles depuis la présidence de François Mitterrand. Ainsi le Président se présente debout devant les journalistes pour présenter son Discours de la Nation, alors que selon régis Debray « L’autorité est assise. Toutankhamon est assis, le Christ est assis, Louis XIV est assis, Napoléon et de Gaulle sont assis ». Pour Debray, la conclusion est simple : « En se présentant debout, le Président se couche ».
    • L’autorité de l’institution scolaire et du maître traverse également une crise profonde :
      • Régis Debray, Jeunesse du sacré : relève que la disparition de l’estrade, qui marquait symboliquement une relation asymétrique entre le professeur et les élèves, témoigne de la « désacralisation » de l’institution scolaire.
      • Emmanuel Brenner, Les territoires perdus de la République, 2002 : met en avant le rejet de plus en radical de l’autorité professorale dans les établissements d’éducation des quartiers réputés difficiles. Les auteurs de cet ouvrage collectif (qui travaillent dans le milieu scolaire) insistent notamment sur le rejet du « savoir classique » au profit de croyances religieuses ou complotistes. Ainsi les élèves remettront en cause la théorie de l’évolution au nom du Coran.

 

II) Alors que la crise de l’autorité risque de livrer la société à la fragmentation et l’homme au désenchantement, sa restauration doit être fondée sur une légitimité nouvelle

A. La crise de l’autorité risque de livrer la société à la fragmentation et l’homme au désenchantement

  1. L’autorité demeure nécessaire à la cohésion sociale et au principe d’action

La crise de l’autorité risque aujourd’hui d’emporter avec elle une crise de la société et de l’homme lui-même. L’autorité demeure le socle indispensable à la cohésion sociale :

  • L’autorité est indispensable à la cohésion sociale dans la mesure où celle-ci passe par la transmission :
    • Hannah Arendt, La crise de l’autorité (in La crise de la culture) : l’extension du principe d’égalité en lieu et place du principe d’autorité constitue une menace pour le lien social et pour la transmission.
      • Arendt avance que la famille a une fonction « pré-politique ». La famille est le lieu ou l’enfant va pouvoir évoluer vers le statut d’adulte, et dont la structuration déterminera le comportement qu’il adoptera par la suite dans la société. Or, la transmission familiale, qui repose sur une relation hiérarchique entre parents et enfants, est aujourd’hui sapée par l’égalitarisme moderne. L’auteure identifie là un risque par la pérennité de l’organisation sociale elle-même.
      • De même, le mouvement d’extension de l’égalitarisme à l’école, qui remet en cause l’autorité professorale, présente un risque de remplacement de la « tyrannie des pères » à la « tyrannie des pairs », donc des camarades de classe.
    • Plus largement, l’autorité est indispensable à la cohésion sociale dans la mesure où celle-ci suppose une forme de croyance unificatrice en des êtres et des valeurs communes :
      • Régis Debray, Le feu sacré, Fonctions du religieux : Aucune société ne peut se constituer et se maintenir sans une référence commune à une autorité consensuellement admise.
        • L’auteur prend l’exemple des Etats-Unis où la cohésion d’Etats profondément divers est permise par l’admission collective de l’autorité de Dieu. Ainsi sur les billets de dollar, la devise « In god we trust », apparue durant la guerre de sécession pour souder les Etats coalisés, est suivie de la formule « E pluribus Unum » (un seul à partir de plusieurs)
        • Pour Debray, la référence à une autorité commune a une fonction aggrégante, permettant de « faire d’un tas un tout ».
  1. La crise des autorités traditionnelles tend en outre à livrer l’homme au désenchantement et à provoquer en réaction un nouveau « désir d’autorité » qui peut prendre la forme pervertie du fondamentalisme

La « mort de Dieu » annoncée par Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra et la fin des autorités traditionnelles a provoqué une forme de « désenchantement du monde » relevé par Max Weber dans l’Ethique protestante ou l’esprit du capitalisme. Or, ce désenchantement du monde tend aujourd’hui à se traduire chez les individus par une Nostalgie de l’absolu mise en avant par Goerg Steiner. Ainsi, le vide créé par la disparition des autorités traditionnelles tend aujourd’hui à être occupé par des formes déviées d’autorité et de transcendance, dont le néo fondamentalisme est un exemple paradigmatique :

  • Olivier Roy, L’islam mondialisé : la radicalisation « éclaire » de certains musulmans de seconde génération et de nouveaux convertis s’explique avant tout comme une « révolte nihiliste » de la part d’individus qui ont redécouvert tardivement la religion (« born again muslims ») comme un moyen de retrouver une forme d’autorité et de transcendance infaillible.

Face à ces risques et ces dérives, l’autorité doit retrouver toute sa place dans nos sociétés.

B. La nécessaire restauration de l’autorité devra repose sur une légitimité consolidée

  1. L’autorité doit être revivifiée par une légitimité nouvelle, assise sur une base plus contractuelle et plus égalitaire

Plus qu’à une disparition de l’autorité, on assiste aujourd’hui à une modification des fondements qui lui sont sous-jacents, et qui conditionnent son effectivité. Plus qu’à une disparition de l’autorité, il semble que nous assistions à un glissement progressif des sources mêmes de l’autorité :

  • Ce mouvement a été analysé par Max Weber, qui dans sont ouvrage Economie et Société (1921):
    • Distingue trois types de domination (donc d’autorité) :
      • La domination traditionnelle est fondée sur l’ancienneté, l’habitude et l’héritage ;
      • La domination charismatique présente quatre caractéristiques :
        • L’obéissance à la personnes du chef et non aux règles ;
        • Des conditions particulières d’arrivée au pouvoir (guerre ou coup d’Etat) ;
        • La subjectivité des critères de sélection du personnel administratif ;
        • Et enfin l’instabilité : le chef doit constamment trouver les moyens de prouver son caractère exceptionnel ;
      • La domination rationnelle-légale :
        • les règles sont adoptées rationnellement approuvées par le peuple ou ses représentants selon des règles prédéterminées;
        • Le détenteur du pouvoir est lui même soumis aux règles qu’il édicte ;
        • Les gouvernés obéissent aux règles et non à celui qui les édicte ;
      • Si ces trois dominations ne sont pas exclusives, Weber analyse un glissement vers la domination rationnelle-légale, qui forme la légitimité moderne.

Concrètement :

  • L’autorité de l’Etat est aujourd’hui conditionnée à son respect des normes de l’état de droit inscrites dans la Constitution :
    • La révision du 23 juillet 2008, qui encadre le rôle de l’exécutif et renforce les pouvoirs de contrôle du Parlement, permet de renforcer la légitimité de l’Etat et d’augmenter son autorité
  • L’autorité du juge et des décisions de justice est renforcée par le encadrement par le droit européen qui sur le fondement de l’article 6 CESDH impose la théorie des apparence selon laquelle « not only must justice be done, but it must also be seen to be done » (Lord Hewart)
  • L’autorité policière sort renforcée de son encadrement par un ensemble de normes déontologiques, codifiées en 2014 dans le cadre d’une Nouveau code de déontologie commun avec la Gendarmerie Nationale, intégré au Code de la sécurité intérieure

 

  1. La légitimation des autorités passe aussi nécessairement par la mise en avant du mérite de ceux qui les incarnent

Seule une différence de mérite peut justifier une position différente dans la hiérarchie sociale :

  • Article 6 DDHC : impose que les fonctionnaires soient recrutés « sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents »
    • Impose un recrutement par concours dans la fonction publique

 

Pour aller plus loin :

  • Ici un podcast France culture sur la question « Qu’est-ce qu’une autorité juste? » avec le général Pierre de Villiers qui publie en 2018 Qu’est-ce qu’un chef?
  • Ici un podcast France culture (Les chemins de la philosophie) sur la crise de l’autorité telle qu’évoquée par Hannah Arendt dans La crise de la culture

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