La République est-elle toujours un projet politique ?

 

  • Accroche : «  La République nous appelle; Sachons vaincre ou sachons périr; Un français doit vivre pour elle; Pour elle un français doit mourir ». Le Chant du départ, rédigé par Marie-Joseph Chénier en 1794, était destiné à renforcer l’élan guerrier des révolutionnaires partant au combat pour protéger la jeune République française, menacée par la coalition internationale. Il témoigne de la force mobilisatrice majeure que constituait alors le projet républicain en devenir.
  • Définitions :
    • Le terme de république vient du latin res et publica, qui signifie la chose commune ou la chose publique. La république est en première analyse un régime politique fondé sur la souveraineté du peuple, qui exerce le pouvoir politique directement ou par l’intermédiaire de représentant élus. Cette définition institutionnelle n’épuise pas cependant le concept de République, qui est aussi fondée : 
      • Sur des valeurs dites « républicaines » : en France la devise de la République consacrée à l’article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958 est : « Liberté, Egalité, Fraternité » ;
      • Sur des principes et des règles, telles que le respect de l’Etat de droit et des libertés individuelles ;
      • Sur des institutions républicaines qui la structurent :
        • L’école
        • L’armée
        • La tribune parlementaire
      • Ainsi définie, la république demeure un concept pluriel qui recouvre une réalité diverse : une république peut être unitaire ou fédérale, à tendance parlementaire ou présidentielle. Mais dans tous les cas, la République s’oppose aux régimes ou la souveraineté n’appartient pas au peuple, à l’image des régimes monarchiques ou autoritaires.
    • On parle de projet politique pour définir un effort collectif tendu vers un but unanimement ou majoritairement reconnu comme souhaitable pour la polis (la cité), donc pour la collectivité. Tout projet politique suppose un investissement commun et comporte une dimension sacrificielle pour ses participants.
  • La république s’est longtemps imposée, depuis la Révolution et jusqu’à une période récente, comme un projet politique d’une particulière intensité, favorisant la cohésion de la société française et justifiant l’investissement de ses membres.
    • La Constitution du 4 octobre 1958 témoigne encore de la prégnance du projet républicain :
      • L’Article 1 de la Constitution développe le projet politique de la République :
        • La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.
        • Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.
        • Son organisation est décentralisée.
        • La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales
      • L’Article 2 de la Constitution décline l’ensemble des symboles qui doivent faire vivre cet idéal républicain au quotidien :
        • La langue de la République est le français.
        • L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.
        • L’hymne national est « La Marseillaise ».
        • La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ».
        • Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple  
  • Aujourd’hui cependant, le diagnostic semble s’être inversé :
    • La République demeure une réalité institutionnelle, mais l’élan collectif qui a porté le projet républicain s’est affaibli :
      • La montée de l’individualisme s’est traduite par un abandon du « monde commun » qui remet en cause la possibilité d’un grand projet collectif ;
      • L’unité même de la République, indispensable à son accomplissement comme projet, est menacée par la fragmentation de la société française avec la montée du multiculturalisme et du communautarisme ;
      • Cette apathie montante des citoyens apparaît incompatible avec le développement du projet républicain puisque celui-ci suppose un élan perpétuel, un effort quotidien et collectif pour perdurer et se déployer :
        • Régis Debray, Que vive la République : « La République n’est pas un régime politique parmi d’autres. C’est un idéal et un combat. Elle requiert non seulement des lois mais une foi, non seulement des services sociaux mais des institutions distinctes dont la première de toutes est l’École, non seulement des usagers ou des consommateurs mais des citoyens… » 
      • La République est aujourd’hui aussi de plus en plus directement menacée :
        • Par le terrorisme d’une part, qui cherche à fracturer la cohésion républicaine ;
        • Mais aussi par des groupuscules d’extrême gauche et d’extrême droite en plein essor.
  • Problématique : La République demeure-t-elle l’horizon indépassable de notre temps ? Le projet républicain conserve-t-il aujourd’hui sa force unificatrice et mobilisatrice?

 

I) Longtemps source d’espoirs et d’efforts collectifs, le projet républicain semble s’être affaibli comme force mobilisatrice

 

A. Le projet républicain s’est longtemps imposé comme le point sublime de notre société, favorisant son unité et justifiant les efforts collectifs

  1. Assis sur le souvenir des premières Républiques, le projet républicain s’est ravivé sous la France des lumières et matérialisé avec la Révolution

Fort du souvenir du précédent romain, le projet républicain s’est imposé philosophiquement avec les lumières, et s’est matérialisé politiquement avec la Révolution :

  • Le projet républicain s’appuie sur le précédent romain, redécouvert à la Renaissance :
    • Dans l’Antiquité, la République romaine (509- 29 av. JC) est fondée sur l’union entre le Sénat romain, ou siègent les patriciens, et le peuple romain (les plébéiens) du moins dans sa partie libre et masculine. La devise de la République romaine est alors « le peuple et le Sénat ». Apparaît donc d’emblée la caractéristique fondamentale de la république qu’est la souveraineté populaire, ici respectée par l’union entre le Sénat et le peuple.
  • Redécouvert à la Renaissance, le projet républicain est ranimé philosophiquement lors du siècle des lumières, qui se réapproprie les notions de République et de souveraineté populaire :
    • Rousseau, Le contrat social, 1762 : conceptualise la « souveraineté populaire », à la base du contrat social, selon laquelle la souveraineté appartient à chacun des citoyens formant le peuple et à l’ensemble d’entre eux, le souverain n’étant formé « que des particuliers qui le composent », donc de la « totalité concrète des individus ».
  • Finalement, ce sont la Révolution de 1789 et ses suites qui matérialisent politiquement le projet républicain :
    • La Révolution de 1789 consacre d’emblée les valeurs républicaines à travers la DDHC du 26 aout 1789 ;
    • La stabilisation du régime républicain n’est acquise que sous la IIIe République, après de plusieurs revirements monarchiques et impériaux :
      • 1789-1792 : monarchie constitutionnelle, où la souveraineté appartient à la Loi et non plus au roi, qui est soumis aux articles de la constitution de 1789 rédigés par l’assemblée constituante
      • 1792-1804 : Première République, qui passe par la convention nationale, le directoire puis le consulat
      • 1804-1815 : Premier Empire, entrecoupé de la première restauration entre 1814 et 1815
      • 1815-1830 : seconde restauration qui va du retour de Louis XVIII en 1815 à l’abdication de Charles X lors de la Révolution de juillet 1830
      • 1830-1848 : monarchie de juillet où Louis Philippe Ier est sacré « roi des Français »
      • 1848-1852 : seconde République qui fait suite à la Révolution de 1848
      • 1852- 1870 (4 septembre) : Second Empire
      • 1870-1940 : Troisième République
  1. Depuis la Révolution, le projet républicain a structuré et mobilisé la société française

Consacrée institutionnellement comme régime politique, la république devient aussi le « point sublime » véritable source sécularisée de sacralité selon Régis Debray (Le feu sacré, Fonctions du religieux). Selon Debray, les valeurs républicaines s’imposent à la Révolution comme une source de « sacré » au sens premier, c’est-à-dire qui « incite au sacrifice et autorise le sacrilège » :

  • La sacralité républicaine s’affirme par une série de symboles unificateurs :
    • Marianne, figure allégorique de la République française et de la liberté. Le bonnet phrygien qui la coiffe coiffait dans l’antiquité les esclaves libérés. Le buste de Marianne est aujourd’hui installé dans chaque mairie
    • Le Panthéon, dessiné par l’architecte Jacques Germain Soufflot. Initialement destiné à devenir une église catholique dénommée Sainte Geneviève, le Panthéon devient au cours des années 1790 un temple laïc et républicain consacré à la mémoire des grands hommes de la Nation. Plusieurs panthéonisation se sont avérées d’une particulière intensité collectives telles que l’inhumation de :
      • Victor Hugo en 1885, lors de laquelle la jeune IIIe République donne définitivement le nom de Panthéon à l’édifice : 2 millions de personnes se sont déplacées ;
      • Jean Moulin en 1964, sur un discours d’André Malraux : « Entre ici Jean Moulin, avec ton funeste cortège » ;
      • Simone Veil est entrée au Panthéon au côté de son mari Antoine Veil le 1er juillet 2018.
    • L’hymne de la marseillaise, chant guerrier composé en avril 1792 par Rouget de Lisle pour l’armée du Rhin.
    • Le drapeau bleu-blanc-rouge: A la demande de Bailly, maire de Paris, le roi accepte en geste de réconciliation de placer sur son chapeau aux côtés de la cocarde blanche un ruban bleu et rouge aux couleurs de la ville de Paris ;

 

  • La sacralité républicaine autorise le sacrifice, voire y oblige:
    • Pendant les lumières, les penseurs du contrat social ont légitimé le sacrifice individuel au nom de la collectivité :
      • Rousseau, Le Contrat social, 1762: « le citoyen n’est plus juge du péril auquel la loi veut qu’il s’expose ; et quand le prince lui a dit : « Il est expédient à l’Etat que tu meures », il doit mourir, puisque ce n’est qu’à cette condition qu’il a vécu en sûreté jusqu’alors, et que sa vie n’est plus seulement un bienfait de la nature, mais un don conditionnel de l’Etat »
    • En France, la conscription militaire désigne l’inscription obligatoire au service militaire des hommes français ayant atteint l’âge légal, en vue d’une potentielle levée de masse. Alors que sous l’Ancien Régime, le service militaire était volontaire :
      • Depuis la levée en masse des Français de 1792, afin de défendre « la Patrie en danger » et de renforcer l’armée française, le devoir de défense du territoire est lié à la citoyenneté. Tout Français de sexe masculin est donc susceptible d’être mobilisé afin de défendre le territoire national, ou, plus largement, de se battre pour son pays ;
      • La loi Jourdan-Delbrel de 1798 instaure le service militaire obligatoire permanent ;
    • L’ « impôt du sang » a été payé par de nombreux citoyens à l’occasion des guerres républicaines :
      • Campagnes napoléonienne : 1 million de combattants français morts au combat ou de maladies
      • WWI : 1.4 millions de morts au combat
      • WWI : 250 000 morts en comptant les colonies
  • La sacralité républicaine interdit le sacrilège :
    • Sous la terreur révolutionnaire :
      • La loi des suspects votée en 1793 dispose que seront jugés par le Tribunal révolutionnaire toute une série de personnes supposées hostiles aux idéaux de la Révolution et de la République, selon des termes très flous et donc expansifs tels que « les personnes qui, par leur comportement ou par leurs écrits, ce sont montrées ennemies de la liberté », ou « qui n’ont pas constamment montré leur attachement à la Révolution ».
      • Jusqu’à la mort du Robespierre en juillet 1994 :
        • 17 000 guillotinés ;
        • 14 000 fusillés.
      • Aujourd’hui encore :
        • La Loi de Sécurité Intérieure du 18 mars 2003 : A la suite d’une affaire médiatisée du sifflement de la Marseillaise lors d’un match France-Algérie, la LSI créé un délit d’outrage au drapeau ou à l’hymne national, au cours d’une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques.

 

B. Aujourd’hui cependant, le projet républicain traverse une « crise de croissance »

  1. Le projet républicain est miné de l’intérieur par l’individualisme et le communautarisme

Le projet Républicain semble aujourd’hui miné de l’intérieur :

  • Par l’individualisme démocratique qui entraîne une forme d’apathie républicaine :
    • Les valeurs démocratiques qui ont accompagné le projet républicain portent en elles un processus d’individualisation et d’atomisation des sociétés, analysées par Tocqueville dans De la démocratie en Amérique, qui ont pu se retourner contre la République :
      • Régis Debray, Êtes-vous démocrate ou républicain ? (Le Nouvel Observateur, 1995) : remarque une confusion commune entre la démocratie et la république, alors même que les deux concepts sont distincts. Or, aujourd’hui, la primauté donnée aux libertés individuelles et économiques ainsi qu’aux droits communautaires, d’inspiration démocratiques, risque de remettre en cause plusieurs piliers républicains que Régis Debray énumère tels que le rôle primordial de l’Etat, l’universalisme, l’égalité, la verticalité des institutions fondamentales (école notamment), la laïcité, le primat de la raison, la citoyenneté ;
    • L’exacerbation du « moi » dans les sociétés contemporaines s’accompagne d’un Crépuscule du devoir (Gilles Lipovetsky), et d’un désintéressement citoyen incompatible avec tout effort collectif nécessaire à la permanence et à l’accomplissement du projet républicain. La République se meurt donc d’une forme de désintéressement et de passivité citoyenne.
      • Le pro patria mori (le sacrifice personnel au nom de la défense de la République) est devenu inadmissible :
        • Eric Desmons, Mourir pour la patrie : la conjonction d’un individualisme hédoniste, d’un libéralisme utilitariste (qui prône le doux commerce) et d’un pacifisme inconditionnel (« syndrome de Bardamu »), écarte toute possibilité d’une mobilisation militaire de la Nation en vue de la protection du régime républicain, comme ce fut pourtant le cas à de maintes reprises dans l’histoire.
      • Au delà de l’impôt du sang, des efforts plus véniels demandés à la population pour le fonctionnement des institutions sont consentis avec difficultés :
        • La montée en puissance de l’abstention témoigne d’une forme de retrait :
          • Concernant les présidentielles, pourtant l’élection la plus mobilisatrice de toutes, l’abstention connaît une augmentation
            • 2017 : abstention de 25% au second tour, soit le plus haut taux d’abstention depuis 1969.
          • Concernant les législatives, on constate aussi sur le long terme une hausse constante de l’abstention :
            • D’abord stable jusque dans les années 1980 autour de 20%.
            • Puis en augmentation continue :
              • 51% en 2017 au premier tour des législatives, soit le plus haut taux d’abstention sous la Ve République.
            • De même la diminution du consentement à l’impôt dont a témoigné le mouvement des gilets jaunes, témoigne de la réduction des sacrifices, même financiers, que les citoyens sont prêts à consentir pour assurer la pérennité des institutions qui portent le projet républicain. 
  • Le projet républicain est également « enlisé » par la montée en puissance des revendications multiculturalistes : Le projet républicain, par essence universaliste et laïque, est aussi miné de l’intérieur par les revendications communautaristes, particularistes et multiculturalistes, comme l’ont montré de nombreux auteurs :
    • Pierre André Taguieff, La République enlisée : l’auteur montre que la montée en puissance du multiculturalisme et des particularismes en France remet directement en question l’universalisme républicain, qui considère tous les individus de façon abstraite, comme égaux en droit indépendamment de leurs particularismes locaux, historiques, ethniques ou religieux
      • Selon l’auteur, les communautarismes sont particulièrement pernicieux en République, dans la mesure où ils se réclament des valeurs de tolérance et de pluralisme, qui ont fondées la République, pour finalement les retourner contre elle. Ainsi Taguieff remarque que les groupes communautaires les plus intolérants sont les mêmes qui appellent à la tolérance républicaine pour s’installer et répandre leur discours anti-universaliste et antirépublicain ;
      • La conclusion de l’auteur est claire : le multiculturalisme est une « contrefaçon » du pluralisme républicain, qui risque aujourd’hui de l’emporter contre lui.
  1. Les fondements mêmes du projet républicain semble aujourd’hui en crise

Les fondements du régime républicain sont aujourd’hui remis en cause de façon radicale :

  • Une crise du principe d’égalité républicaine à travers l’accroissement des disparités économiques, aggravées par la crise économique actuelle :
    • Pierre Rosanvallon, La société des égaux: avance que l’on est passé de la « passion de l’égalité » à une « contre révolution » avec une augmentation des inégalités :
      • En effet, alors que l’ « invention de l’égalité » lors de la Révolution Française s’était dans un premier temps matérialisé lors du « siècle de la redistribution » par le biais d’une neutralisation active des inégalités par la voie fiscale dont le point d’aboutissement fut les trente glorieuses, les années 1980 engagent un « grand retournement » avec la mise en œuvre de politiques néo-libérales et la déconstruction de l’état providence.
      • De fait les inégalités augmentent. En France, les revenus des 20% les plus riches atteignent 5 fois celui des 20% les plus pauvres.
  • Une crise du principe de laïcité républicaine, qui ne parvient pas à s’appliquer à la religion musulmane, au point que plusieurs auteurs s’interrogent sur la pertinence même du recours à la laïcité comme solution :
    • Emmanuel Brenner, Les territoires perdus de la République, 2002 : publié avant la loi du 15 mars 2004 interdisant le voile à l’école, George Bensoussan (sous le pseudonyme de Brenner) met en avant le recul de la laïcité dans les établissements scolaires réputés difficiles des zones d’éducation prioritaire, devant la montée en puissance du communautarisme musulman.
      • La multiplication des voiles dans les enceintes scolaires et les revendications croissantes en matière alimentaires à la cantine, témoignent selon les contributeurs d’une place inédite de la religion musulmane parmi les élèves, qui est revendiquée sous la forme d’une affirmation identitaire par les élèves en rupture avec la République, ses valeurs et ses institutions d’autorité.
      • Emmanuel Benner avance que cette affirmation identitaire nouvelle se répand principalement par le phénomène de la « pression des pairs » , remarquant par exemple que certains élèves non-musulmans, élevés dans des familles attachées à la laïcité, affirment respecter le ramadan.
      • Cette place nouvelle de la religion comme rupture identitaire s’accompagne en outre selon les auteurs d’une forte augmentation de l’antisémitisme et d’une prégnance croissante des théories complotistes.
    • Pierre Manent, Situation de la France, 2015 : Grand républicain, Manent avance que l’espoir placé dans la transfiguration à venir de l’islam par la laïcité, à l’image de laïcisation du catholicisme au XXe siècle, est une illusion pour deux raisons :
      • Une mauvaise compréhension de la laïcité qui n’a pas le pouvoir qu’on lui prête. Elle a permis de « neutraliser la dimension religieuse de l’État », mais « elle n’a pas neutralisé religieusement la société française qui est restée une société de marque chrétienne ».
      • Une mauvaise compréhension de l’Islam d’autre part, qui – fondée toute entière sur la loi religieuse et sur le contrôle des moeurs nécessaires à la vie bonne – n’est pas réceptive aux arguments laïcs, reposant principalement sur les droits de l’homme. Ainsi, l’Islam qui « parle le langage de la loi religieuse et non des droits de l’homme », est sourde aux arguments laïcs.
    • Une crise de l’école républicaine :
      • L’école était traditionnellement au fondement de l’idéal républicain d’émancipation par la raison, comme en témoignent les travaux de Condorcet par lesquels on était inextricablement liés l’idéal révolutionnaire et l’école républicaine :
        • Nicolas de Condorcet, l’Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, 1793 : développe des projets éducatifs autours de deux idées forces propres aux lumières et à la révolution : la croyance au progrès et le culte de la raison. On doit d’ailleurs à Condorcet le mot d’ordre : « rendre la raison populaire ». Pour le philosophe mathématicien, l’école doit contribuer à « établir entre les citoyens une égalité de fait, et rendre réelle l’égalité de droit reconnues par la loi » ;
      • Mais l’on assiste aujourd’hui à une crise de l’école républicaine, en tant que facteur d’élévation du niveau de conscience mais aussi en tant que vecteur des valeurs républicaines
        • Robert Redeker, L’école fantôme : Pour Robert Redeker, l’école républicaine n’est plus qu’un fantôme de ce qu’elle a été à ses débuts. L’école de la République est un village Potemkine laissant croire, tel ce trompe-l’œil de propagande, qu’existe toujours, derrière ce mot, ce que les Français supposent être leur école. L’école ne cesse de s’éloigner de sa raison d’être :
          • Elle refuse désormais de transmettre le savoir, spécialement le savoir littéraire, devenant «l’enseignement de l’ignorance». Fabriquer des ignorants – en substituant à l’enseignement l’«apprendre à apprendre» – est désormais la pratique de notre système scolaire.
          • Elle refuse également de transmettre les valeurs républicaines et nationales : Robert Redeker étend la thèse de Pascal Bruckner sur le Sanglot de l’homme blanc à l’école par «le sanglot du maître blanc », avec des « programmes basés sur la honte française d’être soi » qui « empêchent la fusion entre la jeunesse et la France »
          • Elle se refuse d’imposer une maitrise parfaite du français, notamment par l’abandon des dictées. Or, « il y a un lien entre la langue et la pensée. Quand on parle et écrit mal, pauvre, déstructuré, on pense et écrit mal, pauvre, déstructuré. La pauvreté de la langue entraîne la pauvreté de la pensée »
        • Une crise des institutions républicaines, et notamment de la tribune républicaine à travers la crise de parlementarisme, donc des institutions représentatives, qui apparaît à travers la montée en puissance de l’abstention et des populismes.
          • La crise des institutions républicaines apparaît de façon de plus en plus nette depuis novembre 2018 à travers le mouvement des gilets jaunes qui revendiquent pour une majorité d’entre eux l’instauration d’une forme de démocratie plus directe à travers le référendum d’initiative citoyenne (RIC) permettant de légiférer sans passer par le Parlement.

 

II) Aujourd’hui, la radicalisation des menaces adressées à la République rend paradoxalement possible et nécessaire la redéfinition d’un grand projet républicain

A. La radicalisation actuelle des menaces pensant sur la République tend paradoxalement à raviver le projet républicain

  1. L’apathie républicaine tend à laisser la place à des mouvances radicales insurrectionnelles directement opposées au projet républicain

On observe une montée en puissance des mouvements extrémistes qui remettent radicalement en cause la République :

  • La montée en puissance des radicalités religieuses et politiques :
    • La radicalisation islamiste s’appuie sur une critique radicale des valeurs républicaines et démocratiques dans une partie de la population. Le terrorisme notamment recherche à déstabiliser la cohésion républicaine par le biais d’un raidissement de l’opinion publique et des pouvoirs en place face aux populations immigrées, entrainant la radicalisation de ces dernières. Selon les chiffres de l’UCLAT en février 2018:
      • 19 500 individus étaient inscrits au Fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) ;
      • 1700 individus français sont partis rejoindre les zones djihadistes depuis 2014. Sur ce total :
        • 700 français sont toujours sur zones
        • 300 (au moins) sont morts : chiffre que le ministère reconnaît sous-estimé
        • 400 sont revenus
      • L’ultragauche engagée dans une démarche insurrectionnelle : l’ultra gauche est une nébuleuse aux multiples facettes (black blocks, zadistes, autonomes), qui regroupe en France 2000 personnes (selon le DGGN Richard Lizurey) dénuées d’organisation générale mais organisées en de très nombreuses organisations quasi-indépendantes :
        • Isabelle Sommier, Ultras, extrêmes, les radicalités de gauche à droite :
          • Selon la spécialiste de la violence politique, un groupe radical est un groupe révolutionnaire qui rompt radicalement avec le système politique et social en vigueur par le biais d’action non conventionnelle et violente ;
          • L’ultragauche violente s’est d’abord constituée dans les années 1960 :
            • Ces formations ont ceci de particulier qu’en France elles ont « incubé au sein du PCF », et notamment de l’Union des Etudiants Communistes (UEC).
            • A l’issue de diverses scissions, dans les années 1960, deux grandes familles de groupes d’extrême gauche sont nées de l’UEC :
              • La famille maoïste (UJCML et Gauche prolétarienne)
              • La famille trotskiste (LO, lambertistes et LCR).
            • Ces groupes minoritaires ont été tentés par la lutte armée après Mai 68, d’où la création par exemple des Groupes ouvriers anti-flics (GOAF) et des actions violentes qui ont finalement conduit à la dissolution de plusieurs de ces groupes.
          • L’ultragauche s’est momentanément éteinte à la fin des années 1970 ;
          • Puis elle a trouvé un nouveau public chez les jeunes depuis le mouvement anti-CPE de 2006, puis du sabotage des lignes à haute-tension de la SNCF impliquant le fameux « groupe de Tarnac » en 2008 ;
          • Puis l’ultragauche s’est pleinement reconstituée à l’occasion des manifestations contre la loi travail de 2016.
            • Les auteurs valorisent l’action « à peu » par rapport au militantisme classique ;
          • Certains s’inquiètent d’une radicalisation d’ultragauche qui pourrait relever d’une phase de pré-terrorisme.
            • En mai 2008, les Renseignements généraux s’inquiétaient d’ailleurs déjà d’une dérive radicale dans un rapport au titre évocateur : « Du conflit anti-CPE à la constitution d’un réseau pré-terroriste international »
          • On observe également une nouvelle montée en puissance de l’ultra droite, qui constitue également une nébuleuse d’organismes regroupant entre 2000 et 3000 personnes selon Jean-Yves Camus et dont la structuration s’est consolidée récemment, principalement à l’occasion des protestations contre le mariage pour tous
            • Ainsi en 2013, à la suite de la mort de Clément Méric, le ministre de l’intérieur Manuel Valls a annoncé à l’issue d’un CdM la dissolution administrative des associations :
              • L’Oeuvre Française : pour idéologie xénophobe et antisémite, des thèses racistes et négationnistes, qui exalte la Collaboration et le Régime de Vichy, et qui rend des hommages réguliers au Maréchal Pétain, à Brasillach ou à Maurras
              • Les deux mouvements de Serge Ayoub :
                • Troisième Voie
                • Jeunesses nationalistes révolutionnaires
              • En 2016, Patrick Calvar, alors directeur général de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) s’inquiétait devant les députés d’une réplique violente de l’ultra droite aux attentats islamistes.
              • En juillet 2017, Logan N est mis en examen pour dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle :
                • Logan N. avait été repéré par les services de renseignement car il était l’administrateur d’une page Facebook à la gloire du tueur norvégien Anders Breivik.
                • On avait ensuite notamment retrouvé chez lui, lors de la perquisition, des armes – un fusil et deux revolvers – ainsi qu’une affichette avec les mots : «Rebeus, blacks, dealers, migrants, racailles, djihadistes, si toi aussi tu rêves de tous les tuer, nous en avons fait le vœu, rejoins-nous ! ».
                • Les enquêteurs ont découvert, à cette occasion, qu’il murissait un projet d’attentat intitulé OAS, contre des mosquées, des trafiquants de stupéfiants mais aussi les personnes de Jean Luc Mélenchon et de Christophe Castaner notamment.
                • En octobre 2017, 10 personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire.

 

  1. Paradoxalement, ces menaces pourraient raviver le projet républicain

L’histoire enseigne que les menaces et les crises, loin d’achever la République, peuvent créé les conditions d’un rebond, puisque « la souffrance en commun unit plus que la joie » (Ernest Renan, Qu’est ce qu’une Nation ?). De fait, les deux grandes guerres du XXe siècle, qui ont d’abord menacé et même éclipsé la République, l’ont finalement renforcé et consolidé :

  • La WWI et la WWII se sont traduites par des formes d’unions sacrées dirigées contre l’ennemi :
    • A l’aube de la première guerre mondiale, l’ « union sacrée » (formule due au président de la République Raymond Poincaré) renvoie à la volonté collective des Français, en 1914, d’oublier leurs divisions et leurs querelles au seul bénéfice de la défense de la patrie.
    • Durant la seconde guerre mondiale, une forme d’union sacrée a aussi agrégé l’ensemble des sensibilités nationales au sein des mouvements de résistance :
      • Louis Aragon, La rose et le réséda : appelle en 1943 à l’union du communisme et des catholiques dans la résistance ;
  • Durant la WWII, l’éclipse de la République et l’expérience Vichyste entre le 10 juillet 1940 et le 20 août 1944 ont été suivies d’une profonde consolidation des fondements du régime républicain au sortir de la guerre, sur la base des travaux du Conseil National de la Résistance (CNR) :
    • Le programme du CNR, adopté en mars 1944, prévoit :
      • Un « plan d’action immédiat » (c’est-à-dire des actions de résistance),
      • Mais aussi des « mesures à appliquer dès la libération du territoire » (une liste de réformes sociales et économiques préfigurant l’Etat providence actuel)

De même aujourd’hui, les attentats de Charlie Hebdo de janvier 2015 et du Bataclan de novembre 2015, ou de Nice en juillet 2016 se sont tous traduits par des regroupements massifs et par des élans républicains renouvelés et clairement manifestés. Pour aboutir, ces élans doivent cependant rencontrer une volonté politique forte.

B. Face à ces menaces, le projet Républicain mérite d’être défendu et revalorisé

  1. La défense de la République contre les radicalités qui lui sont hostiles

Face au développement du terrorisme et des groupuscules politiques radicalisés, la démocratie doit être défendue dans le respect du droit :

  • Par une amélioration des dispositifs de renseignement, dont l’objectif est de collecter des renseignements opérationnels sur les milieux contestataires et terroristes :
    • En matière terroriste, il s’agit avant tout d’un meilleur partage d’information entre les différents services de renseignement :
      • Le Centre national du contre terrorisme (CNCT) est créé en juin 2017, rattaché directement au Président de la République et présidé par le coordinateur national du renseignement Pierre de Bousquet de Florian.
      • L’état-major opérationnel de prévention du terrorisme (EMOPT) créé en 2015 et rattaché directement au ministère de l’intérieur : structure légère, composée de douze agents, issus de la DGSI, de la gendarmerie nationale, de la police judiciaire, du renseignement territorial et de la préfecture de police de Paris. Sa mission principale est de s’assurer que chacun des individus repérés comme radicalisés et susceptibles de passer à une action violente sont pris en charge et suivis par un service chef de file bien identifié, le cas échéant avec le concours de services cotraitants.
      • L’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT), directement rattachée à la DGPN, réunit chaque semaine 22 correspondants en provenance de toutes les directions intéressées par le renseignement antiterroriste pour évaluer la menace ;
    • En matière de mouvements politiques radicaux, la réforme du renseignement de 2014 a favorisé cet effort de renseignement en amont :
      • Le Service Central du Renseignement Territorial (SCRT ; DRPP à Paris) effectue principalement un travail de renseignement en milieu ouvert :
        • Sa mission de veille sur internet est fondamentale pour identifier et préempter les modes d’organisations des manifestants (flash mobs, black blocs) ;
        • Le SCRT effectue du recrutement de sources dans les groupes concernés ;
        • Le SCRT peut utiliser certaines méthodes de milieu fermé tel que les écoutes téléphoniques, dans le cadre défini par la loi du 10 juillet 1991 ;
  • Par une adaptation de l’arsenal juridique à la disposition des forces policières et judiciaires :
    • Face au terrorisme : A la suite de l’état d’urgence en place du 14 novembre 2015 au 1er novembre 2017, la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme du 30 octobre 2017 met de nouvelles prérogatives à la disposition des autorités de police administrative :
      • Le préfet a compétence pour instaurer des périmètres de protection : dans ce périmètre, le préfet pourra réglementer l’accès, la circulation et le stationnement des personnes, afin de pouvoir organiser, de manière très pratique, le filtrage des accès.
      • Le préfet peut procéder à la fermeture administrative, pour une durée ne pouvant excéder six mois, des lieux de culte pour apologie ou provocation au terrorisme.
      • Le ministre de l’intérieur peut décider des mesures de surveillanceà l’encontre de toute personne à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre publics.
    • Face aux éléments radicaux s’immisçant dans les manifestations sur la voie publique:
      • La loi du 10 avril 2019 visant à renforcer et garantir le maintien de l’ordre public lors des manifestations (dite « loi anticasseurs ») donne des instruments légaux aux autorités pour « mettre hors d’état de nuire les casseurs et les agresseurs des forces de l’ordre » lors de manifestations.
        • Lors d’une manifestation déclarée ou non, lorsqu’il existe un risque de troubles à l’ordre public, les policiers peuvent contrôler les effets personnels des passants (contrôle visuel, ouverture et fouille des sacs et palpation de sécurité), ainsi que les véhicules circulant ou stationnant, à l’entrée d’un périmètre délimité pendant les six heures avant le début de la manifestation et jusqu’à dispersion ;
        • Les personnes qui refusent de se soumettre à ces contrôle s’en voient interdire l’accès.
        • Par ailleurs, lors d’une manifestation le fait de détenir ou de faire usage, sans motif légitime, de fusées d’artifice ou de détenir toute arme par destination peut être également considéré comme un délit et puni de trois d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.
        • Enfin, selon le principe du « casseur payeur », le texte prévoit la possibilité pour l’État de se retourner contre les auteurs des dommages. 
  1. Une revalorisation assumée des grands principes et des grandes institutions républicaines

La revitalisation du projet républicain passe par une revalorisation de ses bases. La nécessité d’une revalorisation du projet républicain est apparue clairement en 2019 à travers l’organisation du Grand débat national destiné à répondre aux revendications des gilets jaunes :

  • Le Grand débat national, qui s’est tenu du 15 janvier au 15 mars 2019 sous le contrôle et la coordination d’une Mission d’organisation et de coordination du grand débat national, portait sur quatre thèmes essentiels : la transition écologique, la fiscalité, l’organisation de l’État et de ses collectivités, et la démocratie participative.
    • Ce débat s’est traduit par 2 millions de participations en ligne et par 10 000 réunions participatives organisées dans les territoires.

Il n’est pas étonnant que les mesures annoncées par Emmanuel Macron en réponse aux revendications des gilets jaunes recouvrent les grands axes du pacte républicain, en oeuvrant en faveur :

  • D’une consolidation du principe de représentation républicaine :
    • L’augmentation de la représentativité du Parlement à travers :
      • L’instauration d’une dose de proportionnelle (20%) aux élections législatives, déjà inscrite dans le projet de réforme constitutionnelle (dit « pour une démocratieplus représentative, responsable et efficace ») ;
    • L’augmentation des pouvoirs de contrôle et de décision du Parlement :
      • Avec l’organisation débat sur la politique migratoire au Parlement tous les ans ;
    • Le renforcement des outils de démocratie participative:
      • Le Président a exclu la mise en place du RIC (au nom du principe de représentativité des institutions) ;
      • Mais il propose en contrepartie la revalorisation du référendum d’initiative partagée (RIP) déjà prévu par la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 :
        • Emmanuel Macron veut «en simplifier les règles, en permettant que l’initiative puisse venir de citoyens, un million de citoyens, et qu’elle puisse prospérer en projet de loi et, si elle n’était pas examinée par les Assemblées, aller au référendum».
      • Le chef de l’État veut aussi établir un «droit d’interpellation des élus» au niveau local grâce à des pétitions dont «il faudra définir le seuil de signataires». Ces mesures qui doivent être prises «dans le cadre de la réforme constitutionnelle» qui sera présentée par le gouvernement au Parlement à l’été.
      • Et, dès le mois de juin, 150 citoyens tirés au sort viendront former un conseil de la participation citoyenne pour «revitaliser la démocratie» et «mieux représenter la société civile».
    • D’une consolidation du principe d’égalité républicaine à travers la revalorisation des petits revenus par :
      • La réindexation sur l’inflation des retraites «de moins de 2000 euros» ;
      • Un seuil minimal de 1000 euros pour les retraités ayant eu une carrière complète ;
      • La reconduction de la prime exceptionnelle défiscalisée : Le chef de l’État a également annoncé la reconduction de la prime exceptionnelle de fin d’année «sans charges ni impôts» versée aux salariés, pour «que le travail paye» et contribue ainsi à «corriger les injustices».
    • La consolidation des grandes institutions républicaines :
      • Emmanuel Macron a annoncé qu’il n’y aurait «plus de fermeture d’école ou d’hôpital sans accord du maire de la commune d’ici la fin du quinquennat», évoquant «l’accès aux soins pour tous».
      • Une diminution du nombre d’élèves dans les classes (au maximum 24 élèves par classe).

Outre ces mesures, la consolidation du projet républicain passe par la revalorisation de l’engagement citoyen républicain :

  • Le service civique créé par une loi du 10 mars 2010 et étendu par une loi de 2015 offre la possibilité aux jeunes de 16 à 25 ans de s’engager pour une durée de 6 à 12 mois dans une mission d’intérêt général dans 9 domaines différents, reconnus prioritaires pour la Nation : éducation, solidarité, santé, culture et loisirs, environnement, développement international et humanitaire, mémoire et citoyenneté, sports, intervention d’urgence en cas de crise.
    • Certaines des nouvelles missions proposées depuis 2015 contribuent directement à l’activité de police ;
  • Aujourd’hui, le projet du candidat Macron de Service National Universel est progressivement déployé :
    • Une phase pilote rassemble du 16 au 28 juin 2019 quelque 2.000 jeunes volontaires.
    • Après cette première phase, ils accompliront entre juillet 2019 et juin 2020 deux semaines de mission d’intérêt général auprès d’une association, d’une collectivité ou d’un corps en uniforme.
    • Le service national universel pourrait devenir obligatoire pour l’ensemble des jeunes âgés de 16 ans à l’horizon 2022-2023.

 

Conclusion : La revalorisation de l’idéal républicain doit passer en premier lieu par la définition d’un grand dessein commun, conforme aux principes qui fondent la République, et intégrant l’ensemble des problématiques politiques actuelles. Quelle que soient les nouvelles lignes d’avenir tracée, leur définition et leur réalisation devront faire intervenir l’Etat en premier lieu :

  • Michel Foucher, L’Etat ne doit pas rendre les armes, Revue Esprit 2013 : « le besoin est patent de l’expression d’une ligne générale, conçue et énoncée par l’autorité élue, et dont le fil rouge serait de définir les atouts et les objectifs de la France. Nous ne sommes pas ici dans le registres de la promesse électorale mais du grand dessein » 

Pour aller plus loin :

  • Ici un podcast de Régis Debray (auteur de Que vive la République) et Alain Finkielkraut sur le thème « La République est-elle morte » ?

3 commentaires sur “La République est-elle toujours un projet politique ?

  1. Article très informé, c’est un plaisir de vous lire. Comme le disait Alain, « la République est trois fois reniée, trois fois maudite, trois fois trahie chaque jour, et par ses meilleurs amis, avant que le coq ait chanté » … La défense des principes républicains est un combat sans cesse renouvelé. Pourriez-vous nous faire part, dans un prochain billet, de vos pensées sur l’IA, le numérique ou le transhumanisme ? Ces problématiques sont l’objet de bien des fantasmes et elles mériteraient une analyse à froid, notamment sur le versant de la régulation politique. Bien à vous.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour votre message John, et pour la formule d’Alain! L’IA fait partie de mes sujets de réflexions ces temps-ci, et effectivement je vais en faire un article. Mais c’est un sujet très complexe qui demande un peu de temps 🙂 à bientôt !

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